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Saturday, February 28, 2009

est-ce ainsi que les hommes vivent

Tout est affaire de décor
Changer de lit changer de corps
À quoi bon puisque c'est encore
Moi qui moi-même me trahis
Moi qui me traîne et m'éparpille
Et mon ombre se déshabille
Dans les bras semblables des filles
Où j'ai cru trouver un pays.

Coeur léger coeur changeant coeur lourd
Le temps de rêver est bien court
Que faut-il faire de mes jours
Que faut-il faire de mes nuits
Je n'avais amour ni demeure
Nulle part où je vive ou meure
Je passais comme la rumeur
Je m'endormais comme le bruit.

C'était un temps déraisonnable
On avait mis les morts à table
On faisait des châteaux de sable
On prenait les loups pour des chiens
Tout changeait de pôle et d'épaule
La pièce était-elle ou non drôle
Moi si j'y tenais mal mon rôle
C'était de n'y comprendre rien

Est-ce ainsi que les hommes vivent
Et leurs baisers au loin les suivent

Dans le quartier Hohenzollern
Entre La Sarre et les casernes
Comme les fleurs de la luzerne
Fleurissaient les seins de Lola
Elle avait un coeur d'hirondelle
Sur le canapé du bordel
Je venais m'allonger près d'elle
Dans les hoquets du pianola.

Le ciel était gris de nuages
Il y volait des oies sauvages
Qui criaient la mort au passage
Au-dessus des maisons des quais
Je les voyais par la fenêtre
Leur chant triste entrait dans mon être
Et je croyais y reconnaître
Du Rainer Maria Rilke.

Est-ce ainsi que les hommes vivent
Et leurs baisers au loin les suivent.

Elle était brune elle était blanche
Ses cheveux tombaient sur ses hanches
Et la semaine et le dimanche
Elle ouvrait à tous ses bras nus
Elle avait des yeux de faïence
Elle travaillait avec vaillance
Pour un artilleur de Mayence
Qui n'en est jamais revenu.

Il est d'autres soldats en ville
Et la nuit montent les civils
Remets du rimmel à tes cils
Lola qui t'en iras bientôt
Encore un verre de liqueur
Ce fut en avril à cinq heures
Au petit jour que dans ton coeur
Un dragon plongea son couteau

Est-ce ainsi que les hommes vivent
Et leurs baisers au loin les suivent.

Louis Aragon, (interprétation de Léo Ferré)

Monday, February 23, 2009

104 - William Shakespeare


To me, fair friend, you never can be old,
For as you were when first your eye I ey'd,
Such seems your beauty still. Three winters cold,
Have from the forests shook three summers' pride,
Three beauteous springs to yellow autumn turn'd,
In process of the seasons have I seen,
Three April perfumes in three hot Junes burn'd,
Since first I saw you fresh, which yet are green.
Ah! yet doth beauty like a dial-hand,
Steal from his figure, and no pace perceiv'd;
So your sweet hue, which methinks still doth stand,
Hath motion, and mine eye may be deceiv'd:
For fear of which, hear this thou age unbred:
Ere you were born was beauty's summer dead.

Thursday, January 22, 2009

what lasts

Praise song for the day.

Each day we go about our business, walking past each other, catching each others’ eyes or not, about to speak or speaking. All about us is noise. All about us is noise and bramble, thorn and din, each one of our ancestors on our tongues. Someone is stitching up a hem, darning a hole in a uniform, patching a tire, repairing the things in need of repair.

Someone is trying to make music somewhere with a pair of wooden spoons on an oil drum with cello, boom box, harmonica, voice.

A woman and her son wait for the bus.

A farmer considers the changing sky; A teacher says, “Take out your pencils. Begin.”

We encounter each other in words, Words spiny or smooth, whispered or declaimed; Words to consider, reconsider.

We cross dirt roads and highways that mark the will of someone and then others who said, “I need to see what’s on the other side; I know there’s something better down the road.”

We need to find a place where we are safe; We walk into that which we cannot yet see.

Say it plain, that many have died for this day. Sing the names of the dead who brought us here, who laid the train tracks, raised the bridges, picked the cotton and the lettuce, built brick by brick the glittering edifices they would then keep clean and work inside of.

Praise song for struggle; praise song for the day. Praise song for every hand-lettered sign; The figuring it out at kitchen tables.

Some live by “Love thy neighbor as thy self.”

Others by "first do no harm," or "take no more than you need."

What if the mightiest word is love, love beyond marital, filial, national. Love that casts a widening pool of light. Love with no need to preempt grievance.

In today’s sharp sparkle, this winter air, anything can be made, any sentence begun.

On the brink, on the brim, on the cusp -- praise song for walking forward in that light.

Elizabeth Alexander

Thursday, January 8, 2009

43 William Shakespeare

When most I winke then doe mine eyes best see,
For all the day they view things vnrespected,
But when I sleepe, in dreames they looke on thee,
And darkely bright, are bright in darke directed.

Then thou whose shaddow shaddowes doth make bright,
How would thy shadowes forme, forme happy show,
To the cleere day with thy much cleerer light,
When to vn-seeing eyes thy shade shines so?

How would (I say) mine eyes be blessed made,
By looking on thee in the liuing day?

When in dead night their faire imperfect shade,
Through heauy sleepe on sightlesse eyes doth stay?

All dayes are nights to see till I see thee.

And nights bright daies when dreams do show thee me.

Halt ich die Augen offen, seh ich kaum,
und vieles bleibt am Tage ungesichtet,
doch wenn ich schlafe, sehn sie dich im Traum,
und sind im Dunkeln hell auf dich gerichtet.

Dein Schatten macht die andern Schatten heller:
Wie wäre seine Form erst formvollendet
am hellen Tage, wo dein Licht noch greller,
wenn er geschlossne Augen schon so blendet?

Welch Segen würde ihnen da gebracht,
wenn sie dich selbst erst sehn im Tageslicht?
Da schon dein bloßer Schatten in der Nacht
durch tiefen Schlaf ins blinde Auge sticht?

Der Tag ist Nacht, seh ich dich nicht vor mir,
doch taghell wird die Nacht, träum ich von dir.

Friday, December 12, 2008

rêve pour l´hiver

L'hiver, nous irons dans un petit wagon rose
Avec des coussins bleus.
Nous serons bien. Un nid de baisers fous repose
Dans chaque coin moelleux.

Tu fermeras l'oeil, pour ne point voir, par la glace,
Grimacer les ombres des soirs,
Ces monstruosités hargneuses, populace
De démons noirs et de loups noirs.

Puis tu te sentiras la joue égratignée...
Un petit baiser, comme une folle araignée,
Te courra par le cou...

Et tu me diras: "Cherche!" en inclinant la tête,
Et nous prendrons du temps à trouver cette bête
Qui voyage beaucoup...

Arthur Rimbaud

Wednesday, December 3, 2008

Avec le temps

Avec le temps...
Avec le temps, va, tout s'en va
On oublie le visage et l'on oublie la voix
Le coeur, quand ça bat plus, c'est pas la peine d'aller
Chercher plus loin, faut laisser faire et c'est très bien

Avec le temps...
Avec le temps, va, tout s'en va

L'autre qu'on adorait, qu'on cherchait sous la pluie
L'autre qu'on devinait au détour d'un regard
Entre les mots, entre les lignes et sous le fard
D'un serment maquillé qui s'en va faire sa nuit
Avec le temps tout s'évanouit

Avec le temps...
Avec le temps, va, tout s'en va
Mêm' les plus chouett's souv'nirs ça t'as un' de ces gueules
A la Gal'rie j'farfouille dans les rayons d'la mort
Le samedi soir quand la tendresse s'en va tout seule

Avec le temps...
Avec le temps, va, tout s'en va

L'autre à qui l'on croyait pour un rhume, pour un rien
L'autre à qui l'on donnait du vent et des bijoux
Pour qui l'on eût vendu son âme pour quelques sous
Devant quoi l'on s'traînait comme traînent les chiens
Avec le temps, va, tout va bien

Avec le temps...
Avec le temps, va, tout s'en va
On oublie les passions et l'on oublie les voix
Qui vous disaient tout bas les mots des pauvres gens
Ne rentre pas trop tard, surtout ne prends pas froid

Avec le temps...
Avec le temps, va, tout s'en va

Et l'on se sent blanchi comme un cheval fourbu
Et l'on se sent glacé dans un lit de hasard
Et l'on se sent tout seul peut-être mais peinard
Et l'on se sent floué par les années perdues
Alors vraiment
Avec le temps on n'aime plus.

Léo Ferré

Wednesday, November 26, 2008

18

Shall I compare thee to a summer's day?
Thou art more lovely and more temperate:
Rough winds do shake the darling buds of May,
And summer's lease hath all too short a date:
Sometime too hot the eye of heaven shines,
And often is his gold complexion dimm'd,
And every fair from fair sometime declines,
By chance, or nature's changing course untrimm'd:
But thy eternal summer shall not fade,
Nor lose possession of that fair thou ow'st,
Nor shall death brag thou wander'st in his shade,
When in eternal lines to time thou grow'st,
So long as men can breathe, or eyes can see,
So long lives this, and this gives life to thee.

Soll ich dich einem Sommertag vergleichen?
Er ist wie du so lieblich nicht und lind;
Nach kurzer Dauer muß sein Glanz verbleichen,
Und selbst in Maienknospen tobt der Wind.
Oft blickt zu heiß des Himmels Auge nieder,
Oft ist verdunkelt seine goldne Bahn,
Denn alle Schönheit blüht und schwindet wieder,
Ist wechselndem Geschicke untertan.
Dein ew'ger Sommer doch soll nie verrinnen,
Nie fliehn die Schönheit, die dir eigen ist,
Nie kann der Tod Macht über dich gewinnen,
Wenn du in meinem Lied unsterblich bist!
Solange Menschen atmen, Augen sehn,
Lebt mein Gesang und schützt dich vor Vergehn!

Friday, November 14, 2008

j´ai tant rêvé de toi


J'ai tant rêvé de toi que tu perds ta réalité.
Est-il encore temps d'atteindre ce corps vivant
Et de baiser sur cette bouche la naissance
De la voix qui m'est chère?

J'ai tant rêvé de toi que mes bras habitués
En étreignant ton ombre
A se croiser sur ma poitrine ne se plieraient pas
Au contour de ton corps, peut-être.
Et que, devant l'apparence réelle de ce qui me hante
Et me gouverne depuis des jours et des années,
Je deviendrais une ombre sans doute.
O balances sentimentales.

J'ai tant rêvé de toi qu'il n'est plus temps
Sans doute que je m'éveille.
Je dors debout, le corps exposé
A toutes les apparences de la vie
Et de l'amour et toi, la seule
qui compte aujourd'hui pour moi,
Je pourrais moins toucher ton front
Et tes lèvres que les premières lèvres
et le premier front venu.

J'ai tant rêvé de toi, tant marché, parlé,
Couché avec ton fantôme
Qu'il ne me reste plus peut-être,
Et pourtant, qu'a être fantôme
Parmi les fantômes et plus ombre
Cent fois que l'ombre qui se promène
Et se promènera allègrement
Sur le cadran solaire de ta vie.

Robert Desnos, "Corps et biens".

Thursday, November 6, 2008

le tendre et dangereux visage de l´amour

Le tendre et dangereux
visage de l'amour
m'est apparu un soir
après un trop long jour
C'était peut-être un archer
avec son arc
ou bien un musicien
avec sa harpe
Je ne sais plus
Je ne sais rien
Tout ce que je sais
c'est qu'il m'a blessée
peut-être avec une flèche
peut-être avec une chanson
Tout ce que je sais
c'est qu'il m'a blessée
blessée au coeur
et pour toujours
Brûlante trop brûlante
blessure de l'amour.

Jacques Prévert

Friday, October 31, 2008

vanitas mundi

1.

Was ist die Welt/

Die mich bis her mit jhrer pracht bethöret?

Wie plötzlich felt/

Was Alt vnd Jung/ vnd Reich vnd Arm geehret!

Was ist doch alles was man alhier findt?

Ein leichter windt!

2.

Was itzund blüht/

Kan noch für abend gantz zutretten werden.

Der sich hier müht

Vmb flüchtig geldt/ muß ohne geldt zur erden.

Er sammelt fleissig (doch für ander) ein.

Vndt stirbt allein.

3.

Das kleine thier

Das seiden spint/ verstrickt sich in sein spinnen.

So müssen wir

Durch vnsern fleis/ oft vnsern todt gewinnen.

Viel hatt verstandt/ vndt was vns weise macht;

In's grab gebracht.

4.

Der Tulipan

Wird weil er gläntzt/ von jungfrawn abgeschnitten/

Schaw Menschen an/

Sie haben schmach/ vmb das sie schön/ erlitten.

Vnd (wen sie nicht entzetzt ein schneller todt;)

Ach! angst vnd spott.

5.

Bistu bekandt?

So kan dir jeder deine feil' aufrückẽ.

Wofern dein standt

Verborgen ligt/ so wirdt dich jeder drücken.

Wer reich ist wird beneidet vnd ver- lacht/

Wer arm; verschmacht.

6.

Gleich als ein kahn

Baldt hin/ baldt her/ wird von der flutt geschmissen;

So fält vns an

Der sorgen sturm/ wir werden hingerissen

Auff dieses lebens schmertzẽ volle see.

Da eitell weh!

7.

Wie seelig ist

Wer schaden frey kan an den port einfahren!

Wer ihm erkiest/

Den rechten lauff der Gott ergebnen scharen/

Der kan/ ob wellen/ bergen gleich' aufstehn:

Nicht vntergehn!

Andreas Gryphius (1616-1664)

pour le weekend

Alles worauf es ankommt...

Alles, worauf es ankommt, ist,
eins zu sein mit ihm;
ein Geschöpf zu sein in seinem Haus,
im Haus des Lebens.
Wie eine Katze, die auf einem Sessel
eingeschlafen ist, friedlich, in Frieden
und eins mit dem Herrn des Hauses,
mit der Herrin,
daheim im Haus des Lebendigen,
schlafend am Herd und gähnend am Feuer.

Schlafend am Herd der lebendigen Welt,
gähnend daheim vor dem Feuer des Lebens
und seine Gegenwart fühlend
wie eine unerschütterliche Gewissheit,
eine tiefe Ruhe im Herzen,
Gegenwart des Herrn, der am Tisch sitzt
in seinem eigenen größeren Sein
im Hause des Lebens.

D.H. Lawrence

Friday, October 24, 2008

29


Wenn ich, vom Glück verschmäht und Menschenblicken,
mein ausgestoßnes Dasein still bewein,
und mich betrachtend, fluche den Geschicken,
dass taub der Himmel bleibt bei meinem Schrei'n,

und wünsch', ich wär' an Hoffnungen so reich
wie mancher, so befreundet, so geboren,
in Kunst, in Freiheit dem und jenem gleich,
am mind'sten froh bei dem, was ich erkoren:

Doch denk in solchem Selbstverachtungstraum
von ungefähr ich Deiner, jauchzt mein Leben
wie Lerchen, die vom dumpfen Erdenraum
früh jubelnd sich zum Himmelstore heben.

So macht Entsinnen Deines Liebens reich,
dass ich’s nicht hingäb um ein Königreich.


When, in disgrace with fortune and men's eyes,
I all alone beweep my outcast state
And trouble deaf heaven with my bootless cries
And look upon myself and curse my fate,
Wishing me like to one more rich in hope,
Featured like him, like him with friends possess'd,
Desiring this man's art and that man's scope,
With what I most enjoy contented least;
Yet in these thoughts myself almost despising,
Haply I think on thee, and then my state,
Like to the lark at break of day arising
From sullen earth, sings hymns at heaven's gate;
For thy sweet love remember'd such wealth brings
That then I scorn to change my state with kings.

Friday, October 17, 2008

75

Du bist der Seele, was dem Leib das Brot,
was für die Erde milder Frühlingsregen,
und doch um dich empfind ich Qual und Not
wie je ein Geizhals seiner Schätze wegen.
Bald im Besitz frohlockend, dass du mein,
bald zagend, dass die Zeit mir dich nicht gönnt,
bald wünsch ich, wär ich nur mit dir allein,
bald dass die ganze Welt mein Glück erkennt.
Bald schwelg ich lang in deinem Angesicht,
bald hungre ich nach einem einz'gen Blick,
denn andre Freuden such und hab ich nicht,
als du mir gibst, als von dir kommt das Glück.
So schwankend Tag für Tag in Lust und Pein,
hab ich bald nichts, und bald ist alles mein.

William Shakespeare Sonett 75

Wednesday, October 1, 2008

Blandine Ebinger - herrlich

Klabund (1890-1928)

Ich baumle mit de Beene

Meine Mutter liegt im Bette,
Denn sie kriegt das dritte Kind;
Meine Schwester geht zur Mette,
Weil wir so katholisch sind.
Manchmal troppt mir eine Träne
Und im Herzen pupperts schwer;
Und ich baumle mit de Beene,
Mit de Beene vor mich her.

Neulich kommt ein Herr gegangen
Mit 'nem violetten Schal,
Und er hat sich eingehangen,
Und es ging nach Jeschkenthal!
Sonntag war's. Er grinste: "Kleene,
Wa, dein Port'menée ist leer?"
Und ich baumle mit den Beene,
Mit de Beene vor mich her.

Vater sitzt zum 'zigsten Male,
Wegen "Hm" in Plötzensee,
Und sein Schatz, der schimpft sich Male,
Und der Mutter tut's so weh!
Ja, so gut wie er hat's keener,
Fressen kriegt er und noch mehr,
Und er baumelt mit de Beene,
Mit de Beene vor sich her.

Manchmal in den Vollmondnächten
Is mir gar so wunderlich:
Ob sie meinen Emil brächten,
Weil er auf dem Striche strich!
Früh um drei krähten Hähne,
Und ein Galgen ragt, und er...
Und er baumelt mit de Beene,
Mit de Beene vor sich her.

Monday, September 29, 2008

beau mecs







































L'automne met dans les lilas
D'étranges fleurs que nul ne voit,
Des fleurs aux tons si transparents

Qu'il faut avoir gardé longtemps

Son âme de petit enfant

Pour les voir le long des sentiers

Et pour pouvoir les assembler

En un seul bouquet de clarté

Comme font, à l'aube, les anges
Les mains pleines d'étoiles blanches...

Maurice Careme - Étranges fleurs

Paris at Night


Trois allumettes, une à une allumées dans la nuit
La première pour voir ton visage tout entier
La seconde pour voir tes yeux
La dernière pour voir ta bouche
et l'obscurité toute entière pour me rappeler tout cela
en te serrant dans mes bras.

Jacques Prévert (1900-1977)

Monday, September 22, 2008

Septembertag


Dies ist des Herbstes leidvoll süße Klarheit,
die dich befreit, zugleich sie dich bedrängt;
wenn das kristallne Gewand der Wahrheit
sein kühler Geist um Wald und Berge hängt.

Dies ist des Herbstes leidvoll süße Klarheit...

Christian Morgenstern (1871-1914)